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On ne saurait limiter la musique brésilienne à la samba ou à la bossa nova : au Brésil chaque région possède une tradition et une culture musicale qui lui est propre. Les folias-de-reis sont des chants et des processions à l’occasion des fêtes de la Nativité. 12, rue Carioca PDF même genre, se réclame le baile pastoril, sorte de théâtre.


À l’aube du XXe siècle, le Brésil est une poudrière. Avec l’avènement de la démocratie et la fin de l’esclavage, le pays bouillonne et se cherche un futur.
À Rio de Janeiro, les bandes s’affrontent avec violence pour défendre leurs territoires et la capoeira est encore l’apanage des mauvais garçons. Naissance du cinéma, idéaux anarchistes venus d’Europe, droits des travailleurs et des syndicats bafoués par la force, premières luttes féministes, émergence de la samba, déferlement du carnaval, reconstruction du centre historique : la ville fait table rase du passé, bien décidée à devenir enfin la capitale flamboyante de l’Amérique latine.
Au même moment, entre Vieux-Port, quais de la Joliette et Belsunce, Marseille se glorifie d’être la porte de l’Orient et d’accueillir l’Exposition universelle de 1906. Mais entre les troubles sociaux, le ressentiment envers les premières vagues d’immigrés et les terribles conditions de vie du prolétariat, la cité phocéenne semble prête elle aussi à exploser.
C’est là, de Rio de Janeiro à Marseille, que Marina et Filomena vont suivre leurs destins tumultueux. C’est là encore que vont se faire et se défaire les passions amoureuses de leurs petites-filles, Josefina et Sigisberta. C’est là, enfin, que vont naître et grandir Jean Dimare et Zumbi, les deux héros de Corcovado, premier volet de la Suite brésilienne de Jean-Paul Delfino.

Par aboio, on désigne le chant en rythme libre, modal, de forme descendante et aux degrés disjoints, développé par les vaqueiros, les vachers, lors de la transhumance. Les vachers se déplacent le long de la côte du Nordeste du Brésil, c’est pourquoi l’on retrouve ce genre dans de nombreuses régions, de Bahia au Maranhão. Boi » désigne le bœuf et « boiada », le troupeau. Les techniques vocales utilisées, voix rauque, criée, longues tenues, mélismes, imitent les cris du bétail. Bumba-meu-boi, boi-bumbá ou pavulagem sont des danses du folklore populaire brésilien, avec des personnages humains et animaux fantastiques, qui tend à raconter l’histoire légendaire de la mort et la résurrection d’un bœuf.

Joutes poético-musicales exécutées par les repentistas et violeros. Elles s’appellent aussi desafio et se retrouvent aussi dans le porfia du sud. Le terme capoeira désigne un poulailler en Portugais, mais étymologiquement, on peut aussi renvoyer à la langue Tupi, où ka signifie  forêt . Elle a très vite été réprimée par le code pénal brésilien, de par son pouvoir de rébellion et les capoeiristes étaient emprisonnés. Cette lutte a la particularité de ressembler à une danse à deux faite d’esquives, le but étant moins de toucher l’autre que de l’impressionner par la virtuosité de son jeu.

Berimbau désigne la guimbarde en Portugais. Il est issu de la musique du candomblé, religion afro-brésilienne, dans laquelle on utilise trois tambours atabaques, à l’image des trois berimbaus. Mestre Pastinha et Bimba étaient adeptes de cette religion. Cependant, il n’y a qu’un seul rythme d’atabaque dans la capoeira. La cloche agogo est issue elle aussi du candomblé, dans lequel elle a un rôle primordial puisqu’elle marque d’identité rythmique de base. En comparaison, la clave cubaine est issue de la même racine.

Le reco-reco est un idiophone raclé de la même famille que le guiro cubain, et est utilisé dans la capoeira angola. Dans la pratique de la capoeira, on associe à l’art martial d’autres danses comme le maculêlê, danse de bâton inventé dans la région de Santo Amaro à Bahia et la samba de roda. A Recife, la danse du frevo est inspirée par les mouvements accrobatiques de capoeira. Les rythmes de Pastinha sont São Bento grande, São bento Pequeno, Angola, Santa Maria, Cavalaria, Amazonas, Iuna. On joue aussi Jogo de dentro et Apanha Laranja no chão Tico-tico. Les rythmes sont São Bento grande, benguela, cavalaria, Santa Maria, Idalina, Iuna, Amazonas. Un chant est lancé par l’un des musiciens – généralement le Mestre – et les autres reprennent les refrains.