Combattants juifs dans la guerre d’Espagne : La compagnie Botwin PDF

20 000 brigadistes présents sur les fronts de la guerre civile au même moment. Les brigades avaient leur quartier général sur la base aérienne de Los Llanos, à Albacete. Les brigadistes ne représentaient cependant pas l’ensemble des volontaires étrangers engagés aux côtés des républicains espagnols. Beaucoup, combattants juifs dans la guerre d’Espagne : La compagnie Botwin PDF anti-stalinisme, rejoignirent plutôt les rangs du POUM à l’exemple de George Orwell.


Décembre 1937. Quatorze mois après la création des Brigades internationales, la seconde compagnie du bataillon Palafox est déclarée « compagnie juive ». Celle-ci adopte le nom de Naftali Botwin en hommage à un jeune militant communiste polonais condamné à mort quelques années plus tôt. L’histoire de cette compagnie illustre de manière exemplaire la participation massive des volontaires d’origine juive au sein des Brigades internationales. Près du quart des brigadistes venus en Espagne combattre pour la République sont d’origine juive et Radio Barcelone diffuse des émissions en yiddish. La compagnie possède son propre drapeau sur lequel figure en yiddish, en polonais et en espagnol la devise : « Pour votre liberté et la nôtre » et publie organe de presse en yiddish. Ses membres sont sur tous les fronts : Teruel, Guadalaraja, Madrid, Èbre… Ils sont parmi les premiers à comprendre que non seulement le sort de l’Europe se joue sur le sol espagnolmais aussi celui des Juifs menacés au premier chef par l’hydre fasciste. Efraïm Wuzek fut l’un d’entre eux. Né en Pologne, il émigre très rapidement en Palestine et intègre les rangs du Parti communiste palestinien. Il gagne ensuite l’Espagne pour grossir les rangs des internationaux et participe à la création de la compagnie Botwin dont il relate l’épopéede l’intérieur. Quand Franco triomphe, les survivants seront parqués dans les camps français à Gurs et à Saint-Cyprien et nombre d’entre eux formeront pendant l’Occupation les FTP-MOI, les groupes de combats de la main-d’oeuvre immigrée liée aux Francs-tireurs et partisans. Édité en yiddish à Varsovie, voici près de cinquante ans, le récit de ces événements que nous donne à lire Efraïm Wuzek constitue un exceptionnel témoignage de première main, dont la traduction française est proposée pour la première fois. En complément, la fille de l’auteur, Larissa Wuzek-Gruszow, retrace l’itinéraire politique de son père à partir des nombreux carnets qu’il a laissés.

Les brigadistes ne furent ni les premiers ni les seuls volontaires étrangers à se battre en Espagne en faveur de la République. D’autres sont déjà présents sur le sol espagnol au moment des événements de juillet et se rallient au gouvernement légal : ce sont généralement des Allemands et des Italiens qui ont fui les dictatures fascistes de leur pays et ont trouvé l’asile en Espagne. Mais ces troupes sont extrêmement dispersées et peu organisées. Ces premiers volontaires étrangers se rassemblent au sein d’unités originales, portant le nom de héros du siècle passé, tel que le bataillon  Walery Wroblewski , héros de la Commune de Paris, ou le bataillon  Tom Mann , un socialiste anglais. Dans un premier temps, Staline reste favorable à la neutralité, afin de ne pas se brouiller avec ses  alliés objectifs  français et britanniques, animateurs du Comité international pour la non-intervention depuis le 26 août 1936. Les Brigades internationales sont officiellement créées par un décret du gouvernement espagnol le 22 octobre 1936. Drapeau des Brigades internationales, avec l’étoile rouge à trois branches.