Des savoirs savants aux savoirs enseignés : Didactique du français PDF

Pendant un siècle, l’école primaire aura été le fleuron sacré d’une République qui s’était voulue « enseignante » et « institutrice du peuple ». En l’érigeant au rang de « priorité des priorités » de son mandat, le chef de l’État mesure la gravité d’une crise qui devance celles de la dette des savoirs savants aux savoirs enseignés : Didactique du français PDF ou du chômage dans l’ordre de ses préoccupations.


L’enseignant de français se trouve confronté à trois grands types de difficulté dans son objectif de faire acquérir aux élèves la maîtrise de leur langue maternelle. D’une part, l’étendue et la pertinence de sa formation, d’autre part, l’aptitude à la transposition didactique des connaissances qu’il a acquises, enfin la définition d’une politique pédagogique et sa mise en oeuvre. Les trois volumes « Le verbe dans tous ses états » (Diptyque 2), « De la langue au texte » (Diptyque 4), « Des savoirs savants aux savoirs enseignés » (Diptyque 8) sont consacrés à ces questions et contribuent à la réflexion en s’efforçant de relier les trois points de vue. La présente livraison traite plus particulièrement de l’expression linguistique de la notion de « cause », de l’adaptation pour les classes des savoirs savants – en particulier dans l’utilisation des nouvelles technologies – et des stratégies à adopter pour donner du sens aux apprentissages linguistiques et métalinguistiques.

La collection Diptyque, publication des Facultés universitaires de Namur, est destinée à réunir divers travaux linguistiques ou littéraires liés à l’enseignement du français.
Elle peut accueillir aussi bien un cycle de conférences que des actes de colloques ou des études rassemblées autour d’un thème.
Cette visée synthétique en fera ainsi un complément utile à Enjeux, revue de didactique du français et de formation continuée.

L’élément est un concept fondateur de l’analyse scientifique dont l’effacement, au profit d’autres notions comme le socle commun, peut sembler paradoxale puisqu’elle coïncide avec la montée en puissance des « sciences » de l’éducation. Condorcet fut le premier à théoriser ce concept et il en a fait un pivot de son projet d’Instruction publique. La loi Jospin fut une étape cruciale dans un train incessant de réformes qui ont d’abord eu pour but de diminuer les inégalités sociales. Puis elle ont lutté contre l’échec scolaire, bouleversant tour à tour les structures et les méthodes de l’Éducation nationale. Les inégalités et l’échec scolaire résistent, au point de justifier l’urgence d’une nouvelle consultation pour refonder l’École, menée au pas de charge, dès le début de l’été.

Les grands axes de réflexion soumis aux participants permettent de douter qu’elle restitue au savoir « élémentaire » et au principe dont il découle la place qu’il a occupée dans la formation des maîtres, la forme et le contenu des savoirs enseignés, en un temps où l’école primaire n’était pas encore sinistrée. Le savoir élémentaire est d’une autre nature que le socle commun et il ne remplit pas les mêmes fonctions, mais l’adjectif élémentaire n’est plus désormais qu’une étiquette, conservée par habitude et peut-être aussi pour masquer l’ incapacité grandissante qu’éprouve l’école éponyme  d’assurer ce qui fut sa raison d’être : enseigner des savoirs et les mécanismes dits fondamentaux. Ce n’est pas le moindre des paradoxes que celui que soulève le mouvement réformiste. Il a imposé de substituer le socle commun au mode traditionnel de transmission des savoirs au nom, précisément,  de la mission d’égalisation sociale qu’il a confiée à l’école publique. La crise actuelle conduit à se demander si une école vidée ainsi de son contenu originel peut encore se dire « élémentaire » ?