Dictionnaire de l’ethnologie et de l’anthropologie PDF

Selon Angelo Turco, l’altérité est la  caractéristique de ce qui est autre, de ce qui est extérieur à un  soi  à une réalité de référence : individu, et par extension groupe, société, chose et lieu . La question de l’altérité s’inscrit dans un dictionnaire de l’ethnologie et de l’anthropologie PDF intellectuel de large empan, qui va de la philosophie, de la morale et du juridique, jusqu’aux sciences de l’homme et de la société.


Publié dans une version reliée en 1991, puis réédité dans un format poche, ce dictionnaire est un « outil culturel » passionnant et indispensable, non seulement pour connaître les grands noms de la discipline (94 ethnologues sont présentés) mais aussi pour comprendre leur langage et leurs concepts, car « c’est avec cet instrument analytique qu’ils affrontent la réalité sociale, organisent leur savoir et définissent les orientations de leur réflexion et c’est à travers leur langage que, de l’extérieur, la discipline est identifiée » (P. Bonte et M. Izard).

Cette question a particulièrement interrogé plusieurs sciences sociales, souvent depuis leur fondation, comme en anthropologie, ou depuis leur période classique, comme en sociologie. Le concept a aussi été développé par le philosophe Emmanuel Levinas dans une série d’essais écrite entre 1967 et 1989, collectés dans le recueil Altérité et transcendance publié en 1995. Il y voit une recherche sur la relation avec autrui. Levinas s’est longuement intéressé au type de relation que la sociabilité offrait avec l’altérité dans Éthique et Infini, ce recueil publié en 1982 qui rassemble des dialogues entre Emmanuel Levinas et Philippe Nemo. On retrouve l’intérêt pour l’autre aussi dans les écrits d’Homère, qui a beaucoup travaillé sur le  lointain , qu’il décrivait comme des lieux oniriques.

Cependant, les Grecs ont toujours perçu l’étranger comme un non-citoyen. Des avancées ont lieu au cœur du processus politique antique. Dans l’époque moderne, la découverte des Amériques par Christophe Colomb a mis les sociétés occidentales en contact avec d’autres sociétés qui ont été jugées complètement différentes. C’est en effet à la Renaissance, et notamment avec Michel de Montaigne, que certaines penseurs commencent à réfléchir à celui qui est différent. Europe, les géographes ont commencé à documenter les caractéristiques physiques de l’environnement et des sociétés tropicales qu’ils ont découvertes.

On trouve peu à peu des intellectuels voulant construire le champ d’une anthropologie moderne proposant une place inédite qui puisse rendre possible une véritable réflexion culturelle sur le rapport à l’autre. Cependant, il s’agissait davantage de dénoncer des systèmes d’oppression plutôt que de s’interroger sur l’altérité de ces groupes. Celle entre hosties et hospes qui détermine le type de relation que l’individu ou la société mènera avec l’autre. Dans un cas, elle sera positive, basée sur la coopération et dans l’autre négative, basée sur le conflit. Dans le phénomène touristique, l’autre est vu comme hospes : celui avec lequel on a des relations de coopération. Inversement, l’histoire coloniale notamment donne un exemple d’une relation conflictuelle.

Dans une conception évolutionniste des sociétés, l’autre serait celui d’une société différente qui n’est pas au même stade que la nôtre. La hiérarchisation peut aller dans les deux sens : de l’infériorité à la supériorité de l’autre. Des exemples de ces deux cas de figures peuvent se retrouver dans l’Histoire coloniale hispanique. Celle entre diversité et différence :  l’autre comme totalité irréductible au même ou l’autre comme écart plus ou moins mesurable au même.