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L’analogie comme « preuve » du réel ? Qu’est ce ecrits et propos PDF’un documentaire finalement ?


Le référent est donc toujours concret. La question porte alors sur le statut de ce référent par rapport au réel. Est-ce que l’utilisation d’un projecteur, pour éclairer une scène dans un documentaire, nous fait quitter le genre ? Il est impossible de dire de manière absolue si on est dans le documentaire ou la fiction.

C’est à dire que les constituants visuels ou sonores ne nous permettent pas, à eux seuls, de situer le film dans le genre documentaire ou non. Sémiologiquement on peut, tout au plus, formuler des appréciations en terme de probabilité. En l’absence de certitude sur un objet, la notion de signes dominants devient alors pertinente. On ne peut pas, non plus, distinguer le documentaire de la fiction par l’analyse de la construction énonciatrice : structure du montage, présentation chronologique et spatiale des objets et personnages, etc. Dans le documentaire, le statut d’auteur et de narrateur sont généralement confondus.

Le propos de l’auteur l’engage, il ne peut se retrancher derrière un narrateur fictif. Tout film de fiction apporte un contenu informatif sur l’histoire, les lieux, les personnages. C’est un peu comme le dessin d’une plante ou d’un champignon qui est toujours plus ressemblant qu’une vraie photo, car il concentre les traits les plus caractéristiques. Nous avons acquis, par exemple, une certaine représentation de certains pays allant jusqu’à maints détails sans y être jamais allé, et cela pour l’essentiel par la vision de films de fiction.

Par ailleurs, si les films de fiction n’avaient pas quelque chose à voir avec le réel, ils ne susciteraient pas les polémiques ou les débats de société que souvent ils suscitent. Et plus généralement encore, si nos rêves ne sont pas la réalité, notre imaginaire lui fait partie de notre réalité. Inversement tout film documentaire contient une partie de jeu, de mise en scène. Filmer le réel ce n’est pas donner du réel à voir mais donner à voir une représentation du réel. Il suffit d’ouvrir un programme télé ou de lire une programmation cinéma pour s’en rendre compte.

Ce qui signifie nullement que tout film de fiction est banni de ces lieux. Contrairement à la fiction, le cinéma documentaire est confronté à un problème de déontologie, voire même de droits. Selon Gérard Leblanc : le genre est une très ancienne tradition héritée de l’écriture et de l’art en général. Le genre est un découpage dans la production du savoir qui bouge très peu dans le temps. Le genre survit aux conditions économiques. Ce qui nous renvoie à la question du contexte de réception.

On ne peut donc y échapper. C’est même une de ses conditions d’existence que de laisser croire qu’elle serait la preuve du réel en nous faisant oublier qu’elle est toujours une représentation. La question de l’authenticité que l’image est censée apporter n’est pourtant pas fondamentalement différente de celle d’un texte. Dans un article d’information, qu’est-ce qui me prouve que son auteur dit « vrai », que son contenu se rapporte à une réalité ? Pour l’image, il en est de même. Ce n’est pas ce que je vois qui m’apporte une preuve de la réalité de la chose représentée, mais le contexte, les formes et les conditions dans lesquels l’image est proposée qui me renseignent sur le degré de vraisemblance de cette re-présentation. Laisser croire le contraire est une tromperie.