Jean-marie de la mennais – la renaissance d’une chrétienté. PDF

Sauter à la navigation Sauter à la recherche Une théocratie est un gouvernement où le titulaire de la souveraineté est divin. Cependant, l’usage le plus répandu est de parler de théocratie dès qu’il y a confusion entre politique et religion. Chez l’un et l’autre, l’idée que Dieu gouverne permet de distinguer clairement le pouvoir de Dieu du pouvoir politique qui est à l’époque celui des Romains. Elle justifie jean-marie de la mennais – la renaissance d’une chrétienté. PDF un désengagement des religieux de la politique.


La renaissance d’une chrétienté . Préface de S . Em . le Cardinal ROQUES archevêque de Rennes , Dol et Saint-Malo . Broché 319 Pages IN 8 un peu ( 4198 )

La théocratie est en ce sens apolitique. Au cours de l’histoire, l’idée que Dieu gouverne a cependant joué un rôle dans l’élaboration de théories politiques et la mise en place de différentes formes de gouvernements civils. Pour Spinoza, la théocratie est au contraire le moyen d’éviter toute forme d’extrémisme politique. Ainsi, Pour Joseph de Maistre la Révolution n’a pas été menée par des hommes mais elle est le résultat de l’action de Dieu qui détruit pour reconstruire. Cependant, à la même époque, sur fond des polémiques qui entourent les révolutions, la séparation de l’Église et de l’État, ainsi que la fin des États pontificaux, le terme théocratie commence à désigner, non plus le gouvernement de Dieu, mais celui des religieux. Il sert alors à traiter du rapport entre l’Église et le pouvoir civil.

Puisque la théocratie pensée comme pouvoir des religieux n’est pas à proprement parler le gouvernement de Dieu, Max Weber a remplacé le terme de  théocratie  par ce lui de  hiérocratie , la hiérocratie désignant chez lui un pouvoir de persuasion sans force physique. Le terme de théocratie est devenu de manière imprécise synonyme de dictature, d’État totalitaire ou de confusion du politique et du religieux. La théocratie dans le sens d’un gouvernement de Dieu peut être envisagée dès lors qu’il est question de Dieu et de son activité dans le monde, soit qu’il révèle ses lois, soit qu’il agisse directement en dirigeant la vie des hommes et le cours des événements par sa Providence. Penser la théocratie comme confusion du politique et du religieux n’a de sens que si l’on considère préalablement ce qui permet de les distinguer. Cependant, la distinction entre politique et religion, ou bien, autrement dit, entre pouvoirs temporel et spirituel, n’est pas d’emblée universelle. Elle ne se pose pas de la même manière dans le judaïsme, le christianisme ou l’islam. Pour Flavius Josèphe, aucun régime politique ne peut atteindre la plénitude du gouvernement de Dieu, et aucune loi ne peut égaler la perfection de la Thora que Dieu a donnée à Moïse.

Un régime politique, quel qu’il soit, n’a qu’une existence subalterne par rapport à la loi de Dieu. Ainsi, chez Flavius Josèphe, plus qu’un système politique, la théocratie est une sorte d’idéal de gouvernement qui ne se traduit en aucune forme de régime politique. Dieu le pouvoir et la force. Flavius Josèphe, Contre Apion, II, 164-165.

Flavius Josèphe distingue donc la théocratie comme gouvernement de Dieu de toutes autres formes de régimes politiques. Relisant l’histoire des Juifs, il y voit la même distinction : la théocratie dépend de l’existence des tribus sacerdotales qui ne détiennent pas le pouvoir politique, tandis que ceux qui détiennent le pouvoir politique se situent nécessairement en dehors de ces tribus sacerdotales. Et en effet, que pourrait-on y changer ? Le respect de la Loi ne dépend pas de ces modes de gouvernement qui ont eu une existence subalterne par rapport à la théocratie et la perte de la souveraineté nationale qui a suivi la fin de la monarchie n’a pas mis fin au respect de la Loi par le peuple d’Israël. Israël peut accepter n’importe quelle domination politique étrangère sans que cela mette fin à la théocratie. La distinction entre la théocratie telle que la conçoit Flavius Josèphe et une théocratie qui serait sur un plan politique le refus de tout autre souveraineté que celle de Dieu peut se faire dans l’œuvre même de Flavius Josèphe. Un Galiléen, du nom de Judas, excita à la défection les indigènes, leur faisant honte de consentir à payer tribut aux Romains et de supporter, outre Dieu, des maîtres mortels.

Flavius Josèphe, Guerres des Juifs, II,7,2. Ses sectateurs s’accordent en général avec la doctrine des Pharisiens, mais ils ont un invincible amour de la liberté, car ils jugent que Dieu est le seul chef et le seul maître. Il reste possible de percevoir qu’une certaine ambiguïté dans l’idée de théocratie chez Flavius Josèphe reflète celle du personnage. Soumettez-vous à toute institution humaine à cause du Seigneur : soit à l’empereur, comme souverain, soit au gouverneur, comme envoyé par lui pour châtier les malfaiteurs et louer les gens de bien. Car c’est la volonté de Dieu qu’en faisant le bien, vous fermiez la bouche à l’ignorance des sots. Agissez en hommes libres, et non en hommes qui font de la liberté un voile pour leur méchanceté, mais en esclave de Dieu.

Une distance prise avec le politique est attestée par la géographie des Évangiles. Ils font en effet le récit d’évènements qui se déroulent principalement à l’écart des centres politiques et économiques de l’époque. Enfin, le thème du Royaume des cieux ou du règne de Dieu est constant dans les Évangiles puisqu’il est l’objet principal de la prédication de Jésus. Empereur soit pensé en rapport avec l’idée d’un dieu suprême. Constantin accède au pouvoir, il devient le premier empereur chrétien. Empereur Constantin où il est précepteur d’un de ses fils. Si Dieu n’a point de mouvement comme en ont tous les êtres qui ont la vie, s’il n’a pas un pouvoir plus étendu que celui des hommes, s’il n’a ni volonté, ni action, ni fonction, il n’est pas Dieu.