L’Infidélité PDF

Une lettre ouverte signée par 22 des plagiés de la thèse évoquée ci-dessous devait être mise en ligne aujourd’hui sur le blog Archéologie du copier-coller. Cette lettre avait l’Infidélité PDF rédigée il y a une quinzaine de jours. Paris-Sorbonne a décidé la nullité de cette thèse et l’exclusion définitive de tout établissement d’enseignement supérieur de son  auteur . Il a fallu l’insistance d’un grand universitaire, lui-même plagié, auprès de Paris-Sorbonne pour obtenir cette information.


 » Va définir l’amour… « , s’exclame l’un des deux narrateurs de ce roman déconstruit, deux philosophes plaqués par leur femme actrice, et qui désapprennent – ou réapprennent, selon – le sexe et la philosophie. L’Infidélité, que l’auteur présente comme un  » autoroman « , est en quelque sorte le pendant de La Fidélité, le dernier film du cinéaste polonais. Un autre regard, l’envers du décor, tout ensemble acide, désespéré, violent, joueur, tendre. La Pologne, Heidegger, Hitler, la littérature russe, anglaise, le cinéma, Hollywood, ses stars, sa femme, le sexe, la fidélité, l’infidélité, l’amour, la haine, Andrzej Zulawski traque au plus profond des cceurs humains la honte et la bassesse, la trahison et le dévoiement, dans un va-et-vient où se fondent cynisme, pitié, chagrin, froide et tranchante lucidité, érudition et abominations intellectuelles. Une plongée dans les méandres sinueux d’un Zulawski taquin, éternellement amoureux des femmes, libre jusqu’à la folie et étouffant de contrôle. Des pages hallucinées, brutales, pleines de sexe et de colère, où l’on reconnaît l’univers baroque et scandaleux, toujours fascinant – et ô combien dangereux – de certains de ses films, L’important c’est d’aimer, Possession, La Femme publique, L’Amour braque ou Boris Godounov

Collet-Hoblingre, exclue définitivement de tout établissement d’enseignement supérieur comme doctorante plagiaire, continue cependant à enseigner depuis la rentrée universitaire à Paris-Sorbonne Paris 4 comme PRAG. Ce hiatus a peut-être contribué à rendre Paris-Sorbonne si longtemps muette. La décision d’exclusion de la doctorante, jusque là cachée aux dizaines de plagiés, ne remet pas en question l’essentiel de la lettre ouverte dont les premiers signataires sont Philippe Jaccottet, poète, et Anne de Staël du Bouchet, poète, et ayant droit d’André du Bouchet. Mais cette information rend caduques quelques lignes de cette lettre ouverte.

Paris 3 Sorbonne-Nouvelle et chez une bonne part des universitaires spécialistes de la poésie française contemporaine, qu’ils soient français ou étrangers. 9 décembre 2013, une thèse sur la voix dans l’œuvre d’André du Bouchet. Cette thèse, sur un des plus éminents représentants de la poésie française contemporaine, avait été rédigée sous la direction d’Olivier Soutet, un spécialiste de linguistique médiévale, professeur à Paris 4 et doyen de la Faculté des Lettres de l’Institut Catholique de Paris de 2007 à 2013. Le jury a accordé la mention  très honorable  à cette thèse. SUDOC de l’Agence bibliographique de l’enseignement supérieur.

Ce constat le conduit à demander l’accès à cette thèse. Il lui est concédé par la bibliothèque universitaire de Paris-Sorbonne sous la forme d’un fichier bridé et chronodégradable. Sitôt établie l’ampleur des emprunts à ses propres travaux, Victor Martinez envoie au service des doctorats de Paris-Sorbonne une  plainte pour plagiat de travaux de thèse et de recherche  accompagnée d’un premier document où sont placés en vis-à-vis les plagiats d’A. 2008 et d’un ouvrage dont il est l’auteur, paru au début de l’année 2013 aux éditions Rodopi.

Le 14 juillet 2014, Victor Martinez transmet à Paris-Sorbonne un second document qui concerne 15 plagiés, puis, le 18 juillet, un dossier plus complet avec les noms de 20 plagiés. Sous les noms de chacun, étaient placés en vis-à-vis de leurs textes les paraphrases et les copier-coller d’A. Ces envois ont d’abord pour effet de décider l’Université Paris-Sorbonne à priver Victor Martinez d’une lecture aussi malsaine. La chrono-dégradabilité ayant opéré, Victor Martinez, malgré des demandes répétées, se voit refuser à partir du 18 juillet au soir l’accès à la thèse d’A. Le 3 octobre 2014, Victor Martinez reçoit une convocation de Delphine Denis, présidente de la Section disciplinaire à l’usage des usagers, l’invitant à venir témoigner le 14 octobre devant la commission d’instruction.

En novembre 2014, à la suite d’une énième lettre recommandée, Paris-Sorbonne cèdera et communiquera enfin aux deux plaignants des fichiers pdf et word non bridés de la thèse plagiaire d’A. Le recensement des plagiés est pourtant loin d’être achevé. Alors qu’il n’avait plus de nouvelles de la procédure disciplinaire depuis plusieurs mois, Victor Martinez s’en est inquiété au printemps dernier. Il s’est adressé, le 15 mai précisément, à Sylvie Bal-Villet du  Service des affaires juridiques et institutionnelles  à Paris-Sorbonne, avec copies à Barthélémy Jobert, Président de l’Université Paris-Sorbonne et à Pascal Aquien, vice-Président du Conseil scientifique.

Victor Martinez dès qu’il en saura plus. Pascal Aquien en a de toute évidence su plus, mais n’a rien partagé avec Victor Martinez. Cet oubli n’a probablement rien d’involontaire. Non seulement les deux plaignants, mais l’ensemble des plagiés de cette thèse soutenue à Paris Sorbonne auraient dû être informés par Paris-Sorbonne des plagiats de leurs travaux.