Le dieu masqué : Fêtes et théâtre au Japon PDF

Please forward this error screen to cloud1. Représentation de nô : la danse de l’Le dieu masqué : Fêtes et théâtre au Japon PDF. Le nô allie des chroniques en vers à des pantomimes dansées.


LE PASSAGE d’une année à l’autre est une période d’intense activité religieuse dont les moments culminants sont marqués par le solstice d’hiver et les différents jours de l’An, pendant lesquels ont lieu des fêtes où rites et danses sont exécutés par des personnages masqués. Ce livre décrit et explique l’origine de ces fêtes. Cortèges qui se rendent de maison en maison à l’occasion du grand et du petit jour de l’an ; illustration de la vieille croyance populaire aux visiteurs de l’An neuf dont la venue apporte le bonheur et chasse maladies et calamités ; danses et pantomimes exécutées dans les fermes par les membres des communautés cultuelles qui revêtent alors des costumes souvent étranges et dissimulent leurs traits sous des masques de divinités souriantes ou effrayantes. L’un de ces personnages, le vieil Okina, d’abord visiteur de l’An neuf, est devenu un important personnage du théâtre religieux. On le trouvera tel qu’il se présente dans la tradition savante des grands sanctuaires et dans la tradition populaire.
Certaines particularités de ce théâtre sacré qui subsiste, sans grand changement, depuis l’époque précédant la création du nô, permettent d’avancer l’hypothèse d’une influence des pièces religieuses présentées à l’occasion du changement d’année sur la formation du théâtre classique, et avant tout, sur le nô qui a été créé, au quinzième siècle, pour le seul plaisir des spectateurs.

Ces acteurs sont accompagnés par un petit orchestre et un chœur. Leur gestuelle est stylisée autant que la parole qui semble chantée. Japon, le nô est une forme théâtrale unissant deux traditions : les pantomimes dansées et les chroniques versifiées récitées par des bonzes errants. Le drame, dont le protagoniste est couvert d’un masque, était joué les jours de fête dans les sanctuaires. Lorsqu’ils mettent le masque, les acteurs quittent symboliquement leur personnalité propre pour interpréter les personnages qu’ils vont incarner.

Au lieu de narrer une intrigue compliquée, le théâtre nô, hautement stylisé et simplifié, développe donc une simple émotion ou une atmosphère. Le nô peut être défini comme un  drame lyrique  à condition d’entendre le mot  drame  dans son acception première de  action , le lyrisme du nô étant principalement poétique et ne demandant à la musique qu’un rythme et des timbres pour le soutenir. Le terme nô a, très tôt, été employé pour désigner le  talent  des artistes, danseurs ou exécutants, ce dont ils étaient capables. Deux danseuses debout en habit traditionnel. Danse kagura effectuée par des miko, danseuses attachées à un sanctuaire shinto.