Le journalisme numérique PDF

Ne suis-je pas une femme ? Le journalisme numérique PDF date pourri de Marine : « Une nana déboule.


Qui peut encore se prétendre journaliste « papier », « radio » ou « télé » sans considération pour le numérique ? À l’ère des réseaux sociaux, des smartphones et du big data, les rédactions ne cherchent pas seulement des reporters accomplis, mais aussi des virtuoses du Web. Aujourd’hui, tout journaliste doit savoir enquêter en ligne, se repérer parmi des milliers de données, délivrer des informations en continu, jongler avec les temporalités le temps réel, le replay, calibrer les contenus pour tous les écrans, oeuvrer à leur diffusion, cohabiter avec des algorithmes « bien plus puissants que les plus puissants des directeurs de rédaction », travailler avec des robots rédacteurs, etc. Commencée il y a quinze ans, la migration des savoir-faire journalistiques vers les contrées numériques a révolutionné les métiers de l’information. Et elle est loin d’être achevée.

Le Nouvel Observateur – Les marques, ou contenus du site nouvelobs. En pratique : Quelles sources sont attendues ? Dans de nombreux pays, une forme de  journalisme citoyen  est apparue avec le développement d’Internet et de la photographie numérique, permettant à des amateurs de diffuser textes et images sans passer par le filtre des médias. En théorie toujours, un média peut être engagé à condition de respecter les faits, viser l’intérêt général et exposer clairement les termes de son parti pris. Une version très proche, comportant cinq droits et dix devoirs, la charte de Munich, a été entretemps adoptée en 1971 à l’échelle européenne par l’ensemble des syndicats de journalistes.

Dans les deux cas, en 1971 comme en 2011, la révision de la charte a renforcé le principe de protection des sources d’information. Le journalisme d’investigation doit parfois recourir à la méthode de la caméra cachée, mais celle-ci doit rester loyale, ce qui n’était pas le cas pour cette émission tournée dans une maison de retraite, sans véritable recoupements, alors que des témoignages pouvaient être obtenus par le consentement. Dans le cas où sa sécurité, celle de ses sources ou la gravité des faits l’obligent à taire sa qualité de journaliste, il prévient sa hiérarchie et en donne dès que possible explication au public. Dans l’audiovisuel public, le droit de sanctionner appartient à des commissions paritaires, composées pour moitié de journalistes professionnels. Elles ont plusieurs fois sanctionné des journalistes effectuant des  ménages , comme animateurs au service d’entreprises hors-médias. Dans l’audiovisuel privé, le pouvoir de sanction de l’employeur est encadré par la commission arbitrale, prévue par la Loi Brachard, composée pour moitié des journalistes professionnels. Rapporté tel quel, un fait n’est pas toujours suffisant.

L’enseignement dans les écoles de journalisme prend l’exemple de la marche de César sur Rome le 12 janvier en 49 avant Jésus-Christ : fallait-il écrire :  César et ses légions ont franchi le Rubicon  ou  César et ses légions ont franchi le Rubicon, la République est en danger  ? Une autre anecdote attribuait à un rédacteur en chef les consignes suivantes :  Les journalistes ne doivent pas oublier qu’une phrase se compose d’un sujet, d’un verbe et d’un complément. Ceux qui voudront user d’un adjectif passeront me voir dans mon bureau. Ceux qui emploieront un adverbe seront foutus à la porte. Les agences de presse comme l’AFP sont chargées de collecter les informations brutes, de vérifier les faits pour être au plus près de l’évènement. Le principe d’objectivité consiste à imposer une distance critique entre les faits et sa propre interprétation des faits. Mais le journalisme engagé invoque souvent l’impossibilité d’aboutir à une objectivité totale.

Il met plutôt en avant la dimension éthique d’une prise de position subjective, assumée, réfléchie et divulguée. La problématique spécifique de l’objectivité en journalisme est dominée par l’urgence de la publication, le caractère immédiat des faits relatés par le journaliste. Cette problématique de l’objectivité a conduit une partie de la presse anglo-saxonne à pratiquer la séparation entre les faits et les commentaires. L’article factuel se borne à rapporter les faits, citations et détails.

Il est complété par un article de commentaire, identifié comme tel, et souvent plus court. En pratique, cette distinction est parfois peu claire. D’une part, elle ne se manifeste pas toujours aux yeux du lecteur par des choix assez affirmés de typographie ou de localisation dans le journal. Cette séparation peu claire caractérise souvent le journalisme en ligne. D’autre part, on reproche souvent aux articles factuels une objectivité insuffisante, voire une subjectivité masquée. L’apparence de relation des faits bruts peut masquer, voire faciliter, une orientation subjective, partisane, ou philosophique, consciente ou inconsciente. Pour fonctionner, la séparation entre commentaire et information nécessite une certaine prudence.

Trop catégorique, trop moralisateur ou trop méprisant, le commentaire expose le média concerné aux critiques l’accusant de dissimuler ensuite les faits ne validant plus ses commentaires. Ce risque pèse aussi sur les médias associant dans le même article des faits à des commentaires catégoriques. La distinction binaire entre faits et commentaires ne rend pas compte de la variété des types d’articles. De nombreux journaux proposent, au-delà des faits mais en-deçà du commentaire, des analyses. Elles visent à situer les faits dans un contexte plus large, en les mettant en perspective, grâce à des éléments d’enquête et de recoupement. Plus que d’objectivité totale, on parle de pôle d’objectivation.