Les matières premières minérales. : Edition 1999 PDF

Cinéaste, Enseignant, Université Paris Ouest Nanterre La Défense. Afrique ressemble à un leurre perspectiviste ou à une impasse théorique. Non pas que les arts visuels africains soient moins riches qu’ailleurs. Non pas que la problématique de la représentation du sacré ou du les matières premières minérales. : Edition 1999 PDF soit moins importante qu’ailleurs : c’est peut-être au contraire ce qui les caractérise le mieux.


C’est ainsi que sont nées, du moins en partie, notre sympathie et notre compréhension pour les Primitifs, et nos affinités spirituelles avec eux. Tout comme nous, ces artistes purs ont essayé de ne représenter dans leurs œuvres que l’Essentiel Intérieur, par élimination de toute contingence extérieure. Rappelons quelques points essentiels à propos de l’art africain en général. D’abord la très grande diversité des ordres d’objets : statues, masques, meubles, instruments de toutes sortes, si l’on s’en tient à la sculpture. C’est le morcellement des styles—morcellement extrême que l’animisme, au caractère foncièrement parcellaire, ne pouvait guère qu’accentuer—qui restera ici la note dominante. Dans la production artistique de nombreuses sociétés africaines, l’art de sculpter le bois joue un rôle si important que d’autres talents, ceux de céramiste ou de peintre, d’architecte ou d’orfèvre, de vannier ou de tisserand, paraissent n’occuper la scène que comme des éléments accessoires. D’une part, sa présence avec des objets de la vie quotidienne.

Cet auteur étudie par exemple une série de  couvercles à proverbes  chez les Bawoyo et des calebasses pyrogravées chez les Fon. 1—L’art négro-africain est indissociable du travail humain. 2—C’est un art engagé dans la vie quotidienne. 3—C’est un art fondé sur des pratiques collectives. L’art  n’est pas seulement l’affaire de quelques professionnels, mais l’affaire de tous parce que fait par et pour tous  . 4—Les différents formes d’art sont corrélées. La sculpture est indissociable de la danse, du chant et de l’activité :  Car les chants, voire les danses rythment le travail en l’accompagnant : ils aident à l’accomplissement de l’œuvre de l’Homme.

5—Le schématisme et la stylisation de l’art passe par l’image et le rythme. Senghor parle de  l’image symbole  et de  l’image analogie  en tant que moyen d’accéder à la  sensation du signifié . Le mot y est plus qu’image, il est image analogique sans même le secours de la métaphore ou de la comparaison. Il suffit de nommer la chose pour qu’apparaisse le sens sous le signe.

Mais l’élément primordial de l’art africain est le rythme. Véritablement, c’est le rythme qui exprime la force vitale, l’énergie créatrice. Le rythme est l’architecture de l’être, la dynamique interne qui lui donne forme, le système d’ondes qu’il émet à l’adresse des autres. Mais, ce faisant, il ordonne tout ce concret vers la lumière de l’esprit. 7—Dernière caractéristique de l’art africain : c’est un art engagé et toujours d’actualité. Il participe à l’épanouissement de l’homme dans son existence quotidienne, dans sa volonté de réaliser les aspirations de la communauté.