Les Tsiganes en France : un sort à part 1939 – 1946 PDF

Un groupe de Roms à Asperg, en Allemagne, rassemblés par les autorités du Reich pour être déportés, le 22 mai 1940. Leurs proportions furent les Tsiganes en France : un sort à part 1939 – 1946 PDF que la majorité des historiens les considèrent comme constitutives d’un processus génocidaire. Les victimes du Porajmos ont été longtemps oubliées des historiens, et confondues avec les asociaux. En Europe, la reconnaissance de ce génocide est tardive.


A l’automne 1940, les Tsiganes de France furent rassemblés pour être transférés dans une trentaine de camps gérés par Vichy. Ces Français de souche parfois ancienne (certains sont arrivés au XVe siècle), quelquefois sédentaires mais le plus souvent nomades, étaient fichés depuis 1912 et tenus par la loi de faire valider leurs « carnets anthropométriques » auprès des gendarmeries : des fichages préalables qui facilitèrent leur internement.
Ainsi le sort des Tsiganes en France fut particulier, différent de celui qui fut fait aux Juifs déportés dans les camps de concentration et d’extermination et aux Tsiganes d’Europe. En mettant en lumière cette page ignorée de notre histoire, Marie-Christine Hubert et Emmanuel Filhol ont réalisé ici un travail inédit, souvent émouvant, grâce aux témoignages qu’ils ont retrouvés dans les archives, mais aussi auprès de survivants.
Cette histoire tragique croise celle de la Seconde Guerre mondiale avec son cortège d’horreurs – abandonnés dans leurs camps, les Tsiganes vont vivre dans des conditions misérables et ne seront libérés qu’en 1946 -, mais elle puise aussi ses sources aux fondements de la Troisième République : une république fortement attachée à façonner un citoyen français à ses normes – laïc, sédentaire, éduqué – aux antipodes d’une culture orale, nomade, et… différente.

Marie-Christine Hubert est historienne et archiviste. Elle est l’auteur d’une thèse d’histoire sur les Tsiganes pendant la Seconde Guerre mondiale.
Emmanuel Filhol est maître de conférences hors classe à l’université de Bordeaux I.

Presse:

« Les révélations des auteurs sont ici ahurissantes […] Un ouvrage à ne pas manquer… »
Bastien Miquel, Le Figaro Littéraire, 29 Octobre 09

« Pas une ligne dans les manuels d’histoire. Aucun mémorial…L’ouvrage des historiens Emmanuel Filhol et Marie-Christine Hubert brise donc le silence sur les 6 500 Tsiganes internés en France. »
François-Guillaume Lorrain, Le Point, 29 Octobre 09

 » Ce court roman, version écrite d’un récent film d’un des coauteurs, se lit d’une traite avec la fausse allégresse des histoires qui ne peuvent que mal finir mais dont on veut croire qu’elles se termineront en happy end. Et sans céder aux concurrences memorielles, il rappelle un pan d’histoire, un aspect de l’Occupation souvent oublié. »
E.V, Historia, Avril 10

Au cinéma :

Le réalisateur Tony Gatlif est à l’origine de cette mise en lumière historiographique de la question tsigane en France pendant la guerre. C’est un sujet qui lui tenait à cœur et sur lequel il travaille depuis 20 ans. C’est pourquoi il en sera beaucoup question au moment de la sortie de son film Liberté (24 février 2010) avec Marc lavoine, Marie-José Croze et James Thierrée.
En librairie sortira au même moment le roman tiré du film …

Le chancelier allemand Helmut Kohl le reconnaît formellement en 1982. Certains roms de Russie et des Balkans protestent contre l’utilisation du terme  porajmos . Dans plusieurs dialectes, ce mot est un synonyme de Poravipe qui signifie  viol . Terreur noire , au sens de terreur fasciste. De 1933 à 1936 les Tsiganes sont internés dans les camps de concentration de Dachau et de Buchenwald pour  insociabilité . Avant même l’arrivée au pouvoir des nazis, les Tsiganes sont surveillés par les autorités. Tsiganes sont censés être eux aussi d’origine indo-européenne.

Dr Robert Ritter, de recenser tous les Tsiganes d’Allemagne. Il distingue sur des critères ethno-physiques les  purs tziganes  et les  métissés . 1936, Arthur Nebe, placé sous l’autorité d’Himmler est chargé de la politique nazie contre les Tsiganes. C’est lui qui est à l’origine de l’ordre de  prévention contre le crime . Grâce au fichage des Tsiganes, les arrestations systématiques commencent à partir de 1938. Dans les zones de l’Europe occupées par les Allemands, le destin des Tsiganes varie d’un pays à l’autre, selon les circonstances locales. En France, les autorités avaient pris des mesures restrictives à l’encontre des Tsiganes avant même l’occupation allemande du pays.

Cette section est vide, insuffisamment détaillée ou incomplète. Plusieurs spécialistes proposent des estimations chiffrées du génocide des Tsiganes. Donald Kendrick et Grattan Puxon, dans The destiny of Europe’s Gypsies paru en 1972 en Angleterre, et celles de Christian Bernadac dans L’Holocauste oublié. Gouvernement provisoire à la Libération, comme celles de Vichy, souhaitent les sédentariser et les  socialiser . En Allemagne, comme le dit l’Encyclopédie de la Shoah :  Après la guerre, la discrimination contre les Tsiganes ne cessa pas, la République fédérale d’Allemagne décida que toutes les mesures prises contre les Tsiganes avant 1943 étaient une politique légitime de l’État et ne nécessitaient pas de réparations.

La stèle construite sur la tombe commune des victimes du massacre de Szczurowa en 1956 constitue le premier mémorial à la mémoire des victimes roms du Porajmos. Le sujet du génocide tsigane reste très peu enseigné en France. Florence Aubenas,  Ceija Stojka : à la découverte d’une artiste rom et déportée , lemonde. Christian Bernardac, L’Holocauste oublié, tome II, p. Donald Kenrick et Grattan Puxon, The destiny of Europe’s Gypsies, 1972, Londres, page ? H Edelheit, History of the Holocaust: a handbook and dictionary, p. Denis Peschanski, La France des camps, l’internement 1938-46, page ?

Le génocide des Tsiganes européens, 1939-1945  dans Encyclopédie de la Shoah, United States Holocaust Memorial Museum, page ? Atlas des Tsiganes les dessous de la question rom, Paris, Éd. Les Tsiganes : une destinée européenne, Paris, Gallimard, coll. 914-1918, la violence de guerre, Paris, Gallimard, 2013, 153 p. Catherine Coquio et Aurélia Kalisky, L’Enfant et le génocide, Paris: R.

Aurélia Kalisky, L’enfant et le génocide : témoignages sur l’enfance pendant la Shoah, Paris, R. Les Tsiganes en France, un sort à part, 1939-1946, Paris, Perrin, 2009, 398 p. Donald Kenrick et Grattan Puxon, Destins gitans : des origines à la solution finale, éd. The destiny of Europe’s Gypsies, 1972, Londres. Jean-Jacques Gandini, Samudaripen, le génocide des Tsiganes, Le Monde diplomatique, octobre 2000, lire en ligne. The Nazi genocide of the Sinti and Roma, Heidelberg, Documentary and Cultural Centre of German Sinti and Roma, 1995, 2e éd.