Mélanges de l’Ecole française de Rome, N° 116-2/2004 : Moyen Age PDF

L’anticléricalisme insiste sur la nécessaire séparation du religieux et du profane. Il postule la liberté de conscience individuelle. L’anticléricalisme mélanges de l’Ecole française de Rome, N° 116-2/2004 : Moyen Age PDF un élément irréductible et qui est une défiance, peut-être une aversion insurmontable pour toute Église. Si peu clérical que le fait religieux puisse devenir, il gardera toujours de quoi irriter, inquiéter ou susciter l’anticléricalisme.


L’Assiette au beurre, César Giris, 1903. Almanach de La Traca, Espagne 1932. L’épithète  anticlérical  apparait dans la langue politique dans les années 1850-1860. Ce n’est pas une nouveauté absolue, l’attitude est beaucoup plus ancienne que le mot.

L’anticléricalisme n’appartient en propre à aucune classe sociale. Il y eut un anticléricalisme aristocratique fait de mépris pour le clerc et de défiance de l’homme d’épée envers l’homme d’étude. Il y eut ensuite un anticléricalisme bourgeois dont le voltairianisme exprime assez fidèlement l’inspiration et qui a animé le mouvement de sécularisation des sociétés occidentales. Il y a enfin, et c’est dans les sociétés urbaines et industrielles contemporaines le plus important de tous, un anticléricalisme ouvrier. Rome, contre les interventions épiscopales, contre les pressions au soutien de Pie IX, contre le syllabus. Originaire d’Europe, et plus précisément de France, l’anticléricalisme s’oppose d’abord au catholicisme : d’une certaine manière il en procède par réaction et par filiation. Les anticléricaux sont parfois qualifiés de  bouffeurs de curés  dans le jargon politique français ou belge.