Mémoire et oubli PDF

Quel que soit l’âge de la victime, les conséquences du viol et mémoire et oubli PDF agressions sexuelles sont graves et durables. En règle très générale, la personne agressée ne peut se reconstruire sans aide extérieure.


La mémoire permet d acquérir des informations, de les conserver et de les récupérer au moment opportun. L oubli semble l ennemi de la mémoire parce qu il est renforcé par le passage du temps et aggravé par différentes maladies. Pourtant, « mémoire et oubli » sont loin de représenter deux fonctions antagonistes. Ils partagent au contraire les mêmes objectifs : gérer de façon optimale la montagne de souvenirs qu engendre la vie quotidienne.
Les contributions de la philosophie et de la neuropsychologie ont formalisé différents processus dont
les neurobiologistes s appliquent à décrire la physiologie intime. Pour leurs parts, les historiens et les sociologues explorent la mémoire au niveau de groupes sociaux en s intéressant à la construction du grand récit qui unit une communauté. Enfin, l intelligence artificielle s intéresse aux larges bases de données et à la façon dont elles sont administrées.
Résolument transdisciplinaire, ce livre, première production de l « Observatoire B2V de la mémoire », a pour enjeu de fournir des perspectives croisées sur ce duo « Mémoire et oubli ». C est la seule façon de comprendre la complexité et l importance de la mémoire au plan individuel et collectif, ainsi que ses changements dans une société disposant de moyens de communication amplifiés.

Dans certains cas, en particulier lorsque la victime a été agressée jeune, elle peut souffrir d’amnésie traumatique : il s’agit d’une des conséquences psychiques possibles, parmi les autres. Tôt ou tard, les souvenirs et les images remontent, plus ou moins fragmentés et complets. Une psychothérapie ou une analyse favorise la résurgence des souvenirs. La vie devient alors un terrain miné et pour éviter de déclencher la mémoire traumatique le patient est obligé de mettre en place des conduites d’évitement. Mais quand les conduites d’évitement ne suffissent plus, souvent seules des conduites dissociantes dont on a soi-même fait l’expérience de leur efficacité peuvent calmer l’état de détresse.

Les violences ont un impact catastrophique sur la santé. Une prise en charge médicale spécialisée et psychotérapeutique permet de relier les symptômes psychotraumatiques aux violences, d’en comprendre les mécanismes, de le contrôler, et d’y échapper. MEMOIRE ou MEMOIRES, comment s’en servir ? Le terme mémoire nous vient de la déesse Mnémosyne, aux charmes certains puisque Zeus y succomba pendant 9 nuits, laissant la belle Mnémosyne engendrer les 9 Muses de la connaissance. C’est dire son importance auprès des Grecs de l’Antiquité.

Cicéron jusqu’à Charlemagne, et ainsi jusqu’à la Renaissance. Réhabilitée, Mnémosyne livre peu à peu ses secrets et on sait qu’aujourd’hui il n’existe pas une aire cérébrale de la mémoire, mais de nombreuses régions impliquées dans le processus de mémorisation. Avec l’arrivée de l’imagerie cérébrale, la Mémoire vit un nouvel « âge d’or ». Sœur incontournable de l’oubli, fondement de l’identité personnelle, la mémoire s’appuie sur notre passé, organise notre présent, usurpe notre futur. Lors de sa conférence, donnée au Symposium de Neuroeducation de Collioure de 2014, le professeur Jacques Touchon définit les différents circuits de mémoire.

Il est le directeur de l’Unité de neurologie comportementale et dégénérative au CHU de Montpellier. Dorénavant, si nous parlons davantage de « mémoires » que de « mémoire », c’est bien parce que la mémoire est multiple: court terme et long terme, implicite et explicite, épisodique et sémantique, procédurale enfin. Cette mémoire court terme est de durée extrêmement brève. Nous percevons un flux d’informations bien plus dense que nous ne le pensons. Au gré de leur pertinence et de l’évaluation qu’on leur donne, des associations,  des apprentissages, certains éléments sont retenus par la mémoire court terme, d’autres pas. Les éléments retenus peuvent être sélectionnés au-delà d’une tâche précise à réaliser et s’inscrire ainsi dans le long terme.

Touchon, ce passage au long terme peut se faire consciemment  à la suite d’un effort cognitif: c’est la mémoire explicite. Il peut aussi se faire inconsciemment, sans effort de mémorisation: c’est la mémoire implicite. La mémoire long terme elle-même se décline en trois modalités : épisodique, sémantique et procédurale. Répertoire de nos savoirs, conceptuelle, elle nous permet de comprendre le monde.

Située essentiellement dans le lobe temporal externe et les régions pariéto-frontales. Par exemple la propriété jaune est classée avec le concept de canari, mais des propriétés comme ailes ou bec sont classées avec le concept d’oiseau. Voilà pourquoi la mémoire participe à notre intelligence. Ex : Connaissez vous le bruant mélanocéphale ? Vous avez donc trouvé par inférence. Info isolée, info en danger !

Non, un seul champ, comme Marcel ! La mémoire épisodique, extrêmement contextualisée embrasse notre propre vie : nos  souvenirs personnels, les évènements de notre histoire, les lieux traversés, les contextes affectifs et émotionnels. D’une dimension complètement personnelle, dépendante de notre système perceptif, la porte d’entrée de cette mémoire autobiographique est l’hippocampe. Son système repose sur 3 étapes: l’enregistrement, le stockage et la récupération.

L’enregistrement dépend de nos perceptions, de notre attention, de notre motivation, de nos émotions. Dans le processus d’apprentissage, si mémoire épisodique et mémoire sémantique se répondent, l’effet redondant imprime d’autant plus l’information. En liant mémoire sémantique et mémoire épisodique, vous approfondissez l’empreinte et devenez imbattable sur le sujet ! Emotions, stress et anxiété sont les compagnons contradictoires des 3 temps de la mémoire. Certaines émotions positives, agréables, favorisent l’apprentissage et la remémoration, tandis que des émotions négatives l’altèrent.