Mon corps pour me guérir : Décodage biologique des maladies PDF

La manifestation contre le projet mon corps pour me guérir : Décodage biologique des maladies PDF loi ouvrant droit au mariage entre personnes de même sexe a réuni dimanche 13 janvier entre 350 000 et 800 000 personnes dans les rues de Paris. Un succès de mobilisation pour ses organisateurs.


Bien souvent, la maladie est considérée comme une malchance, une calamité, ou encore le fruit du hasard, contre laquelle nous allons lutter avec médicaments, manipulations, voire amputation. L’auteur renverse complètement cette vision et propose un regard davantage porteur de sens. Pour lui, « une maladie est une réaction biologique de survie face à un événement émotionnellement ingérable ; chaque maladie, chaque organe correspond à un ressenti très précis ». Elle peut donc être perçue comme salvatrice, donc accueillie, car elle a un sens. Mieux, chacun peut découvrir l’événement originel, déclenchant, générateur d’un symptôme. Ainsi, en traitant la cause, on traite l’effet. Christian Flèche offre une lecture éclairante, saisissante, des liens organes-cerveau-psychisme. Il expose de nombreux cas à l’appui de sa démarche. La « maladie » apparaît dès lors comme une réaction saine du corps, qu’il convient d’accompagner, et qui parle au malade de lui-même : un vrai retournement, très libérateur, une perspective pleine de possibilités pour la guérison et la connaissance de soi !

Mais parmi les pancartes brandies par les manifestants, comme parmi les prises de position de ses représentants, nombre de slogans et d’arguments sont factuellement discutables, voire faux. Ce qu’on entend :  Nous allons lutter sur les conséquences du texte, dont la disparition du terme de  père  et de  mère  dans la plupart des articles du code civil. Dans un premier temps, le projet envisageait de substituer le terme de  parents  à celui de  père et mère  lorsque c’était nécessaire. Lorsque cela s’avère nécessaire, les mots  père et mère  sont remplacés par le mot  parents  et les mots  mari et femme  par le mot  époux . Ces substitutions concernent uniquement les articles qui s’appliquent à tous les couples. Dans tous les autres cas, les articles ne sont pas modifiés : tel est le cas dans l’ensemble des dispositions concernant la filiation établie par le seul effet de la loi. Mais, comme le relatait La Croix en décembre, la possibilité de supprimer ces deux termes a ému des juristes, qui ont évoqué la possible confusion entre  parents  au sens de  père et mère  et celui, plus large,  d’ascendant , et ses conséquences juridiques éventuelles.

Dans un entretien au Monde le 23 novembre, la garde des Sceaux Christiane Taubira avait pourtant expliqué que les mots  père  et  mère  allaient être  maintenus dans le code civil partout où c’était possible. On n’abolit pas le mariage hétérosexuel ! La majorité envisage désormais un article  balai  qui préciserait qu’il faut interpréter les mots  père et mère  en fonction du type de famille et les assimiler à  parents  en cas de famille homoparentale. Et la garde des sceaux Christine Taubira l’a redit, dimanche 13 janvier sur TF1 :  Le code civil ne bouge pas sur la filiation. Et de préciser :  Rien ne change pour les couples hétérosexuels, ni dans le code civil ni dans les actes du code civil.

Reste un point encore flou : l’adaptation dans le livret de famille. Tant que la loi n’est pas votée, ces modifications ne sont pas encore envisagées. Plusieurs pistes ont été évoquées, notamment la mise en place de plusieurs livrets en fonction du type de famille. Moins présent ces derniers temps, cet argument affirmant qu’à la place de  père et mère , le code civil et le livret de famille évoqueraient après la loi  parents A et B  ou  1 et 2  fit pourtant florès tout l’automne 2012. Et il se retrouve encore sur les pancartes de la manifestation de dimanche.

Là encore, comme nous l’avions expliqué en novembre, l’argument n’a aucune réalité s’agissant de la loi. Il vient d’une militante anti-mariage homosexuel, Béatrice Bourges, représentante du Collectif pour l’enfant, qui avait évoqué cette hypothèse au printemps, longtemps avant que les premiers documents de travail ne soient rendus publics. Mais, comme pour la mention de  père et mère , l’inconnue subsiste concernant le futur livret de famille, qui n’est pas défini dans la loi mais par un arrêté ministériel. Au vu de sa forme actuelle, il faudra effectivement trouver une alternative aux termes  père  et  mère . Une solution déjà évoquée serait par exemple d’avoir deux formats de livrets différents.

Les anti-mariage invoquent aussi régulièrement la défense et la sauvegarde du code civil français, qui serait  bouleversé  par cette loi. En 1884, il rétablit le droit au divorce. En 1912, il autorise la recherche en paternité. En 1938, il définit la capacité civile de la femme mariée, jusqu’ici dépendante de son mari pour contracter ou agir en justice. En 1965, il intègre la réforme des régimes matrimoniaux. En 1970, le législateur a ainsi supprimé la notion de  chef de famille  accordée au père automatiquement. En 1972, on supprime l’inégalité juridique entre enfants naturels et illégitimes.

En clair, le code civil est, comme le droit en général, une matière vivante, qui évolue en même temps que la société. Arguer que ce document doit rester intangible est donc un contresens historique. Ce qu’on entend :  Je suis dans la rue pour que la parole soit donnée au peuple. En tant qu’élu de la Nation, je n’ai pas reçu le mandat de voter sur des réformes aussi essentielles, c’est au peuple de le faire directement. Pourtant, comme le notait Le Monde le 9 janvier,  le projet de loi sur le mariage homosexuel ne peut sans doute pas être l’objet d’un référendum.