Montchrestien et Cantillon. Le commerce et l’émergence d’une pensée économique. PDF

Le Lorrain, Port de mer au soleil couchant, 1639. Cette croyance se généralise et plaide en faveur d’une vision dynamique de la politique montchrestien et Cantillon. Le commerce et l’émergence d’une pensée économique. PDF l’économie nationale.


Comment est apparue la catégorie de pensée des phénomènes sociaux que nous englobons aujourd’hui sous le terme d’économie, mot désignant autrefois un ordre de la vie domestique ? Une question de cette importance, pourtant négligée, trouve une réponse dans les écrits sur le commerce qui privilégient la mise en rapport des échanges avec la production plutôt que la résolution de questions pratiques. Deux ouvrages émergent de ce point de vue : le Traicté de l’oeconomie politique (1615) d’Antoine de Montchrestien et l’Essai sur la nature du commerce en général (1755) de Richard Cantillon. Les historiens, économistes et philosophes réunis ici, spécialistes de diverses périodes et sociétés, ont posé aux deux ouvrages fondateurs les mêmes questions sur leurs appareils de référence et sur leurs éventuelles connivences intellectuelles. Montchrestien en sort réhabilité ; Cantillon démontre sa pertinence. Demeure alors le long débat qu’ils inaugurent pour classer ou non le savoir nouveau dans l’ordre du politique ou en dehors de lui.

De nos jours, la discussion de la pertinence et de la validité des idées mercantilistes refait surface, notamment dans le débat contemporain sur la mondialisation. Pour certains auteurs le mercantilisme n’est pas un courant de pensée en tant que tel. Le mercantilisme va contribuer à la faire apparaître dans le débat public. Le caméralisme – mis en œuvre dans les États Allemands – propose que l’État se fasse davantage le promoteur actif de la prospérité collective. Les questions économiques échappent aux théologiens, certains d’entre eux devenant eux aussi théoriciens du mercantilisme comme Giovanni Botero. Elle a souvent partie liée avec les rois à qui elle prête de l’argent.

Son activité consiste uniquement dans la recherche du profit. Introduction du principe de la comptabilité en partie double et de la comptabilité moderne. Europe est principalement l’œuvre des théoriciens scolastiques. L’objectif est de trouver un système économique compatible avec les doctrines chrétiennes de piété et de justice. Les réflexions portent principalement sur les échanges au niveau local entre individus.

Les idées mercantilistes marquent la fin de ces représentations. La doctrine mercantiliste exalte le développement des marchés, des marchands et du commerce . Avec le mercantilisme, nous entrons dans une vision globale qui combine une trilogie économique, financière et politique. Les trois gloires mercantilistes sont la dynamique de l’industrie qui permet de conquérir les marchés extérieurs, la soif du gain du commerçant qui s’enrichit, et l’or qui s’accumule et permet à la richesse de se concentrer entre les mains du prince. La protection du commerce est une des missions essentielles de la Marine française. Alors que les anciens pouvoirs féodaux cèdent la place à des États-Nations centralisés, le mercantilisme a su correspondre aux besoins de l’époque : il recherche activement les meilleures conditions pour que les nouveaux États soient en mesure d’assurer leurs nouvelles responsabilités, notamment par le biais d’un commerce raisonné et bénéfique. Alors que le stock de richesses est considéré comme relativement fixe, la seule façon d’accroître la richesse d’un pays ne peut se faire qu’au détriment d’un autre.

De nombreuses guerres, dont les guerres anglo-hollandaise, franco-hollandaise, et franco-anglaise se déclenchent sur la base d’un  nationalisme économique . La décadence politique et économique de l’Espagne est consacrée en 1588, à la suite de la déroute de l’Invincible Armada. Espagne met en place de nombreuses politiques économiques sans trop de cohérence, mais l’adoption par Philippe V d’Espagne des mesures inspirées du  mercantilisme à la française  connaît un succès relatif. De 1588 jusque vers 1650, les Pays-Bas du Nord sont des précurseurs : une bonne partie de l’empire portugais tombe entre leurs mains.