Une éducation grecque PDF

Le buste de Zeus découvert à Otricoli, en Italie. La mythologie grecque, c’est-à-dire l’ensemble organisé des mythes provenant de la Grèce antique, se développe au cours d’une très longue période allant de la civilisation mycénienne jusqu’à la domination romaine. Des textes comme la Théogonie d’Hésiode et les épopées d’Homère ne sont donc pas des textes sacrés : ce sont des œuvres littéraires proposant une vision parmi d’autres de la création du monde et des généalogies divines, mais elles ne se proposent pas de dicter ce qu’il faudrait obligatoirement croire. L’absence de dogme ou de canon religieux n’est bien sûr pas synonyme d’absence une éducation grecque PDF croyance.


Le roman grec suscite depuis trente ans un intérêt croissant parmi les spécialistes de l’Antiquité, mais sa légitimité en tant que source historique est encore discutée. Comment en effet extraire des données historiques de fictions en prose qui, composées par des Grecs vivant dans les provinces orientales de l’Empire romain, prétendent s’affranchir de toute contrainte temporelle ou spatiale ? Il est pourtant certains domaines où le roman grec s’est imposé, notamment depuis la parution de l’Histoire de la sexualité de Michel Foucault : il s’agit principalement de la normalisation de l’hétérosexualité dans le monde grec et de l’extension de la chasteté aux deux sexes. S’y ajoute aujourd’hui un questionnement relatif à l’élaboration des catégories du masculin et du féminin : c’est cet univers culturel de la construction des identités individuelles et collectives qu’explore ce livre novateur. Mobilisant des sources peu connues, Sophie Lalanne montre que ces textes littéraires vieux de deux millénaires offrent bien plus que le récit d’une éducation sentimentale : ils mettent en place et perpétuent, par le biais d’un rite de passage savamment mis en scène, un système social fondé sur la séparation délibérée entre les sexes, sur la définition des rôles sexués et sur la construction de la domination masculine qui fonde la cité grecque. Car sans l’exclusion des femmes et sans une éducation des garçons et des filles qui valide cette exclusion, il n’existe pas de cité grecque : derrière l’histoire culturelle de la société grecque d’époque impériale, derrière l’histoire des rapports sociaux de sexe, se profile une redéfinition des frontières du politique.

Toutes les divinités ayant reçu un culte en Grèce antique n’ont pas fait l’objet de récits mythiques. Les premiers vers de l’Iliade d’Homère. Lorsque l’historien Hérodote évoque les origines de la religion grecque dans son Enquête, c’est vers eux qu’il se tourne :  Quelle est l’origine de chacun de ces dieux ? Voilà ce que les Grecs ignoraient hier encore, pour ainsi dire. Les poètes comme Homère et Hésiode ont donc nettement influencé la représentation que les Grecs se faisaient de leurs dieux et des origines du monde, même s’ils ne remplissaient pas une charge à proprement parler religieuse. Dans l’Iliade, le précepteur d’Achille est un humain, Phénix, et non le centaure Chiron comme dans d’autres versions. Intérieur d’une coupe attique à figures rouges, vers 480 av.

Les textes sont loin d’être les seuls vecteurs de la mythologie grecque : celle-ci est également très présente dans les arts figurés tels que la céramique et la sculpture. Ainsi, les arts figurés disposent eux aussi d’une grande liberté d’innovation ou de réinvention des mythes, et mettent en place leurs propres codes et conventions pour les représenter. Cécrops, le premier roi légendaire d’Athènes, puis le déluge de Deucalion, la guerre de Troie, etc. Les atthidographes, auteurs d’histoires de l’Attique, prennent davantage de distance et rationalisent parfois les éléments merveilleux des récits. L’attitude des historiens demeure tout aussi prudente jusqu’à l’époque romaine.